Dans le cycle de rencontres Mémoire de Cinéma, je présente Le plaisir de Max OPHULS - Mardi 27 mai à 20h30 au REX, 364 Avenue de la Division Leclerc, 92 290 CHATENAY-MALABRY. Tél. : 01 40 83 19 73. http://www.cac-le-rex.fr/index.php/a-l-affiche/du-21-au-27-mai-2014/95-le-plaisir
La musique de Mozart (L’enlèvement au Sérail,La flûte enchantée) revient dans plusieurs films de Max Ophuls (Liebelei, Werther, Lettre d’une inconnue, Le Plaisir, Lola Montès. Ophuls a également réalisé deux courts métrages musicaux, Elisabeth Schumann chante l’Ave Maria de Schubert (1935), Alexandre Brailowski joue la Valse brillante de Chopin (1936). Ces films appartiennent à la série des Cinéphonies produites par le critique musical et cinématographique Emile Wuillermoz et le violoniste Jacques Thibaud.
Ici, le décor composé de voiles, d’ estrades sur plusieurs niveaux niveaux, d’une arabesque en premier plan et les rares gros plans sont déjà la marque d’Ophuls.
Le film s’inspire de trois nouvelles de Guy de Maupassant Le masque, La maison Tellier et Le modèle. A l’origine, Max Ophuls avait souhaité, pour son dernier volet prendre une autre nouvelle de Maupassant La femme de Paul. Après une interruption de tournage et faute d’argent dans la production du film, il choisira de finir son film par Le modèle.
Chacun des trois volets contient un récit qui lui est propre, mais leur agencement et leur architecture dramatique, formant sens, font un triptyque. La voix du narrateur, Jean Servais- Guy de Maupassant, comme surgie d’un temps ancien, tisse au présent les fils de cet ensemble qui comprend le plaisir et l’amour, le plaisir et la pureté, le plaisir et la mort.
L’écriture unique d’Ophuls, reconnaissable entre toutes, est à la fois baroque et classique. Comme dans Madame de, autre chef d’œuvre de l’auteur, l’action des personnages commence dans la plus grande frivolité et finira dans la gravité. L’ardeur de leur désir emporte les héroïnes d’Ophuls dans le tourbillon du plaisir, frénésie d’un mouvement qui élève pour atteindre le sublime jusqu’au sacré, retombe, et les laisse anéanties, face au vide avant que, vertige !- viennent la chute, puis l’immobilité.
Presque tous les films d’Ophuls commencent par le mouvement et finissent par son arrêt, tant au niveau de la caméra que du destin des personnages.
De même que dans leur début, ils multiplient, dans le décor et pour les personnages, masques et ornements que la société impose pour mieux, plus tard, les arracher et les dépouiller. C’est ainsi qu’ils nous entraînent au plus profond des passions de leurs personnages et de la nature intime de leur être mis à nu. - Laura Laufer
Un entretien avec Max Ophuls à propos d’un film que vous n’avez jamais vu.
Nota bene : contrairement à l’orthographe visible sur le site de l’INA le nom " Ophuls" ne s’écrit plus, selon la volonté du cinéaste, avec un tréma sur le "u". Ophuls, né juif allemand, exilé en France en 1933, s’est battu toute sa vie pour exiger la francisation de son nom. Il entendait ainsi marquer son opposition au nazisme.
UNE GRANDE ACTRICE OPHULSIENNE